"Canicule : on fait quoi ?"

Une alerte a été relayée sur les réseaux sociaux par Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, à la suite de la publication des données de Sciensano sur les effets de la récente vague de chaleur. Les chiffres mettent en évidence d’importantes disparités régionales en matière de mortalité. La Wallonie est la région la plus durement touchée, avec une surmortalité de 76 %, soit 919 décès supplémentaires sur l’ensemble de l’épisode caniculaire. En comparaison, la Flandre enregistre une surmortalité de 31,4 % (682 décès supplémentaires), tandis que Bruxelles atteint 60,9 % (159 décès supplémentaires).

Face à ce constat, Christine Mahy estime que ces statistiques révèlent avant tout les profondes inégalités sociales et leurs conséquences face aux crises. Elle s’exprime en ces termes :
« 10 jours de canicules = SURMORTALITE DE 76% EN WALLONIE ! Derrière ces chiffres des hommes, des femmes, des vivants avant ! 

Comme dans toutes les crises (Bancaire ; Guerres et leurs conséquences sur les prix de l’énergie et de produits de base ; Covid ; Inondations ; Inflation) avec des impacts sur le déplacement des populations dans le monde, sur la mortalité prématurée, sur le pouvoir de vivre

Comme pour tous les non-investissements, investissements insuffisants, refus d’investissements, retraits d’investissements dans les enjeux climatiques, dans les enjeux sociaux, dans les enjeux Nord-Sud, dans les enjeux migratoires, dans les enjeux du vieillissement, soit pour une société où la prévention comme axe transversal de toutes les politiques serait la colonne vertébrale pour la recherche de l’égalité, d’un apaisement collectif, d’une démocratie en marche.

Parmi les ayants-droits que nous sommes toutes et tous.

Celles et ceux avec trop peu de tout, sans droit, dont les droits sont piétinés, qui sont vulnérabilisé.es par la traversée de la vie, par des décisions prises par des autorités, par des violences institutionnelles, SONT TOUJOURS LES PRINCIPALES VICTIMES !

Les chiffres de la surmortalité en Wallonie et à Bruxelles durant 10 jours de canicules sont DE NOUVEAU DRAMATIQUEMENT UN REVELATEUR des conditions de vie et d’existence d’une part importante de la populations en Wallonie et à Bruxelles !

Combien de crises ayant un effet double voire triple peine sur les mêmes faudra-t-il encore pour prendre la mesure de l’indécence de cette situation ? Combien de crises encore pour voir que le non-logement, le mal-logement et l’errance sont délétères et dangereux ? Combien de crises encore pour dire que l’isolement dans le trop peu de revenu est destructeur pour toutes ces personnes ? Combien de crises encore pour prendre conscience que vivre avec plusieurs enfants dans le trop peu de tout peut être une bombe à retardement dans cette situation ? Combien de crises encore pour savoir qu’il faut investir dans des lieux collectifs, communautaires, des services, dignes de ce nom ? Combien de crises encore pour confirmer que les métiers de la relation, de la santé, du social, de l’aller vers…, sont vitaux en permanence dans notre société ? Combien de crises encore pour décider que les adaptations et changements structurels climatiques doivent être avant tout sociaux ? Combien de crises encore pour savoir que ces crises sont sociales avant tout, non pas parce que les gens sont incompétents mais parce que les gens sont mis dans des conditions de vie qui rendent impossibles la mise en œuvre de solutions ad-hoc ?

Continuer à faire l’autruche sur les inégalités, sur l’enrichissement des un.es contre les autres, alors que les crises révèlent l’une après l’autre la même chose, relève du cynisme.

La responsabilité de ceux qui décident de ne pas changer de cap est largement engagée.

Continuer dans les mesurettes à court terme sans un changement radical d’option reposant que des politiques structurelles préventives, réparatrices et adaptatives ancrées dans une dimension de réduction des inégalités devient criminel.

On peut comprendre encore peut-être qu’il ne soit pas possible de tout régler dans l’urgence maintenant, mais on ne peut plus comprendre que le changement de cap ne devienne pas LE PROGRAMME ! »