"L'urgence climatique mérite une trêve politique !"

Dans cette carte blanche, Eva Smets, directrice d’Oxfam Belgique, et Heidi Degerickx, coordinatrice générale du Réseau contre la pauvreté, alertent sur les conséquences humaines et sociales de la crise climatique et interrogent la responsabilité des choix politiques dans leur aggravation.

Les événements climatiques extrêmes ont un coût humain considérable ! Les inondations de 2021 en Belgique ont causé la mort d’au moins 41 personnes. Lors des vagues de chaleur de fin juin, 2 000 décès supplémentaires ont également été enregistrés en quelques jours. À ces chiffres s’ajoutent des conséquences plus difficiles à mesurer : problèmes de santé après une catastrophe, détresse psychologique, épuisement lié aux inondations répétées ou encore conditions de vie particulièrement éprouvantes dans des logements mal adaptés aux fortes chaleurs.

Face à la crise climatique, toutes les personnes ne disposent pas des mêmes moyens pour se protéger et faire face à ses conséquences. Les personnes en situation de pauvreté disposent de moins de ressources pour affronter les événements climatiques et reconstruire leur vie après une catastrophe. L’accès à un logement décent, aux services publics, aux soins, à l’éducation ou à une protection sociale suffisante joue dès lors un rôle essentiel dans la capacité à affronter les bouleversements climatiques.

« Ces inégalités sociales s’entremêlent aux inégalités mondiales. Le nombre de décès dus aux inondations, aux sécheresses et aux tempêtes était 15 fois plus élevé dans les régions les plus pauvres du monde que dans les régions plus riches. Là encore, la cause n’en incombe pas à la population de ces pays, mais plutôt aux mécanismes politiques qui limitent considérablement leur accès aux ressources (financières) nécessaires pour faire face à la crise climatique. », rappellent Eva Smets et Heidi Degerickx.

Pour les deux autrices, présenter le changement climatique comme une réalité à laquelle la population devrait simplement « s’habituer » occulte la responsabilité politique et les choix qui peuvent encore être posés. Elles pointent notamment le manque d’investissements dans l’adaptation au changement climatique, le soutien persistant aux énergies fossiles et l’affaiblissement des services publics et de la protection sociale.

La lutte contre la crise climatique ne peut être dissociée de la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Pour Eva Smets et Heidi Degerickx, les conséquences actuelles ne sont pas uniquement liées au changement climatique, elles sont aussi le résultat de décisions politiques qui déterminent qui dispose, ou non, des moyens de se protéger et de faire face aux crises.

Articles qui en parlent :