Journée mondiale de la justice sociale
Ce 20 février 2024, en cette journée mondiale de la justice sociale, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté rappelle que la justice sociale est au cœur des combats en permanence. Elle doit guider la manière dont la société est organisée.
Il n’y a pas d’autre objectif collectif que de garantir à chacun et chacune un accès réel à ce qui permet de vivre dignement, sans être freiné.e ou fragilisé.e au quotidien.
Le droit à l’aisance, c’est pouvoir se loger, se chauffer, se déplacer, se soigner, se nourrir, apprendre et travailler dans des conditions qui permettent de vivre sans pression constante ni insécurité. Et le droit à l’aisance ne peut exister sans une justice sociale solide, capable de financer la solidarité et de réduire les écarts de richesses. Ça passe également par une transition écologique pensée avec et pour les premiers et premières concerné.es, en tenant compte de leurs réalités de vie.
La justice sociale suppose aussi de s’intéresser à la manière dont une société organise ses choix collectifs et ses priorités. Elle interroge la place donnée aux services publics, à la solidarité et aux conditions de vie des personnes. Elle demande à regarder ce qui rend certaines vies plus difficile que d’autres, et de corriger ces déséquilibres par des décisions politiques qui renforcent l’égalité et la dignité de toutes et tous.
Pour le RWLP, ces enjeux doivent rester au centre des décisions politiques et du débat public, aujourd’hui comme demain.
Retrouvez ci-dessous la retranscription intégrale du discours de Christine Mahy
« La question de la justice sociale au cœur des combats en permanence
Au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, la question de la justice sociale est au cœur des combats en permanence. Aujourd’hui, 20 février, c’est la journée mondiale de la justice sociale et voilà bien quelque chose qui, aux yeux du Réseau, doit être à l’actif de tous les programmes politiques en vue des élections à venir. Pourquoi à l’actif de tous les programmes politiques ? Que vouloir d’autre dans une société que de garantir la justice sociale, offrant l’opportunité d’accéder à tous les droits qui permettent à tous les ménages de s’orienter vers un droit à l’aisance ?
Le droit à l’aisance c’est-à-dire à une vie qui n’est pas amputée, compliquée, réduite, à travers des droits aussi essentiels que le droit au logement, le droit à l’énergie, le droit à la santé, le droit à la mobilité, le droit à l’éducation, mais aussi le droit à l’emploi et à un emploi de qualité, à un emploi qui fait du sens avec la vie, à un emploi qui permet d’équilibrer sa vie entre sa vie privée et sa vie professionnelle, qui permet de gagner suffisamment sa vie pour ne pas être dans la disette quotidienne. C’est tout ça qui participe à la justice sociale.
En vue des élections, ce que le Réseau ne cessera de prôner pour arriver à une justice sociale réelle, c’est comment les partis politiques, pour accéder à ça, vont s’intéresser à la mise en œuvre de la justice fiscale. Parce que sans justice fiscale, il est très compliqué d’arriver à créer une assiette financière solidaire suffisante
- Pour, précisément, rencontrer tous les droits
- Et pour, également, sécuriser la sécurité sociale, qui est le complément dans une société aux droits qu’on vient de nommer, et notamment aux droits du travail.
Et donc, réduction des inégalités au cœur à travers la justice fiscale.
On sait aussi que, dans les enjeux politiques à venir, il est très important de s’intéresser à une transition juste. Comment va-t-on rencontrer les enjeux qui nous poussent à agir, parce que les choses ne vont pas bien au plan climatique, mais à travers les droits des gens ? C’est-à-dire comment les gens sont impactés au plan climatique à travers leur logement ? Comment ils sont impactés à travers la mobilité, à travers l’alimentation, mais aussi à travers les emplois ? Quels sont les emplois qui, aujourd’hui et demain, feront du bien à la société, à la collectivité, à la vie sociale ? Comment l’autorité politique va-t-elle garantir que les transitions qui sont absolument nécessaires soient au bénéfice de la justice sociale, et donc indirectement, au bénéfice de la possibilité pour tous les humains de vivre sur Terre ? Si demain, la vie des populations les plus vulnérabilisées – celles qui ont été les plus oubliées dans ces droits fondamentaux – peut s’améliorer, si on contribue à améliorer la réalité climatique pour tous, on améliorera la vie de tous et de toutes. Quels que soient les moyens financiers de chacun.
S’intéresser à la justice sociale, c’est forcément s’intéresser à la manière dont les richesses sont utilisées, dont elles sont captées, dont elles sont réparties. Et quand on parle de richesse, c’est autant la richesse financière, que la richesse patrimoniale, le droit du sol, le territoire, le logement. À ce propos, comment sort-on le logement de son abandon complet au marché aujourd’hui ? Nous sommes dans une situation totalement dérégulée qui fait que les gens ne savent plus se loger, ni par le locatif, ni par l’acquisitif, aujourd’hui. Donc, l’enjeu de la justice sociale, on le voit bien, c’est l’enjeu de la société même, de comment on vit ensemble. Et le combat en fonction de la justice sociale, à travers notamment l’autorité politique, mais aussi dans la société civile, est une fierté. Une fierté de rechercher cette réalité-là.
On doit compléter, évidemment, tous ces droits fondamentaux de base essentiels dans la vie quotidienne, par une capacité à accueillir valablement les personnes qui arrivent dans notre pays pour des raisons économiques, pour le droit d’asile, parce que la vie leur impose ce transfert de réalité, mais aussi, évidemment, pour combattre les causes dans les pays d’origine qui sont à la source du fait que les gens doivent quitter leur pays bien involontairement dans la plus grande majorité des situations. Et donc, lutter contre les causes, c’est bien sûr lutter en faveur du développement économique, mais aussi agir sur les causes climatiques liées à la sécheresse, aux incendies, aux conditions de vie dramatiques, aux guerres, à l’exploitation des terres, des sols, etc.
Au cœur des préoccupations des citoyens et des autorités
Le RWLP s’engage, dans le cadre des élections, non pas comme parti politique, mais comme organisation de la société civile qui porte fortement, à travers les militants qui nous rejoignent, ces enjeux-là. Tout au long de l’année et en permanence, comme acteur de la société civile, nous sommes en train d’agir, en train de porter une parole, en train d’interpeller, en train de chercher à être écoutés pour garantir cette évolution vers la justice sociale appelée de nos vœux.
Evidemment, la période avant les élections est une période intense : on cherche, avec les témoins du vécu militant, à rencontrer les candidats aux élections, mais aussi à avoir un dialogue avec la société civile, et aussi à faire des alliances avec d’autres acteurs de terrain qui recherchent ce même objectif. Parce que nous sommes loin d’être tout seuls à vouloir cette autre réalité de société, un autre monde, un respect pour la totalité de la population. Nous faisons partie de ceux qui pensent que, si les citoyens peuvent poser des actes à titre individuel, si on peut commettre une erreur dans son cheminement et qu’on doit trouver comment retrouver son équilibre au-delà de cette erreur, il y a d’abord un cadre sociétal global qui offre, ou pas, l’opportunité à tous d’accéder à ses droits, et donc d’être considérés à part entière comme quelqu’un d’important dans notre société. Si chacun est important dans notre société, ce n’est pas seulement pour le bien-être individuel des personnes, c’est parce que ça fera une collectivité qui désire construire ensemble, désire collaborer à un projet commun, désire être en interrelation, n’a pas peur de la différence. Lorsqu’on est consolidé dans ses droits, on n’a pas peur de la différence, on est ouvert à l’accueil de la différence.
Pour toutes ces raisons-là, et bien d’autres qu’on ne va pas évoquer ou que je ne vais pas évoquer directement aujourd’hui, nous sommes en combat pour une justice sociale. Nous rappelons cette Journée mondiale de la justice sociale comme un des leviers déterminants qui doit être au cœur des préoccupations, de tout qui a des responsabilités dans la société, depuis les citoyens qui se mobilisent sur le terrain jusqu’aux autorités qui ont à prendre des décisions.
Rappelons-le aux personnes notamment qui s’engagent sur les listes électorales, et rappelons-le à tous ceux aussi qui vont aller mettre leur bulletin dans l’urne. Pourquoi va-t-on déposer son bulletin dans l’urne ? Pour défendre quelle société ? Pour défendre quel projet ? Pour la génération d’aujourd’hui, pour les personnes qui vieillissent, mais aussi pour les enfants et pour les jeunes de demain. À chacun ses réflexions, ses actions, ses lieux de débat pour avancer vers ces élections du mois de juin prochain et du mois d’octobre prochain [2024]. »