Anniversaire de la ceinture alimentaire liégeoise !

Ce 1er décembre 2023, Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, prenait la parole à l’occasion de l’anniversaire de la Ceinture alimentaire liégeoise, pour saluer la folie et l’audace de ceux qui ont eu le courage de croire en une utopie et de mettre un pied devant l’autre pour la concrétiser progressivement.

Parce que pour le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, le droit à l’alimentation est un droit essentiel pour être dans de bonnes conditions de vie. Et on sait que plein de gens ne savent pas y accéder. On sait aussi que les inégalités et les injustices sociales sont intimement reliées avec ce levier qu’est le droit à l’alimentation, tout comme il l’est avec le logement, la mobilité, le climat.

Dans cette intervention, Christine Mahy rappelle que le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté ne peut plus supporter que les gens aillent tendre leurs mains pour pouvoir manger, soient soumis à accéder à ce droit de façon conditionnée. Ce qu’il faut, c’est un système économique de proximité qui permette à tout le monde de vivre dans une dignité d’évidence indispensable à la traversée de la vie.

Retrouvez la retranscription complète du discours de Christine Mahy ici

« Impossible de commencer la prise de parole, sans d’abord dire bon anniversaire à la Ceinture alimentaire liégeoise. Un bon anniversaire, c’est quand même toujours renvoyer à tous ceux qui ont porté, qui ont eu la folie et l’audace de penser à un dispositif comme ça, de se dire : « allez, on peut croire en une utopie, mais on peut mettre des jalons à une utopie et donc mettre un pied devant l’autre, concrétiser progressivement, etc. » Donc, le bon anniversaire, pour moi, il s’adresse à tous ceux-là et à tous ceux qui sont montés dans le bateau au fur et à mesure, et à tous ceux qui monteront encore dans le bateau pour soutenir ces initiatives-là.

Au Réseau wallon de lutte contre de la pauvreté, vous le savez, on est très soucieux, on est très préoccupés, on est très inquiets des conditions d’existence des populations les plus vulnérables dans notre pays et dans le monde d’ailleurs. Et on est particulièrement inquiets quand on voit à quel point, précisément, ce qui conduit à un affaiblissement des populations, une précarisation, ce qui ne permet pas, en quelque sorte, de sortir de conditions de vie difficiles, ce qui génère de la pauvreté, c’est en général le non-accès à des droits d’évidence qui devraient être dans de bonnes conditions de vie.

Et le droit à l’alimentation, c’est un droit essentiel pour être dans de bonnes conditions de vie, et on sait que plein de gens ne savent pas y accéder. Mais on sait aussi que plein d’acteurs, producteurs qui essayent de bien faire les choses ont beaucoup de difficultés à pouvoir les faire convenablement, à en vivre économiquement de façon satisfaisante. Et parfois aussi se sentent dans des tensions d’injustice sociale qu’ils n’ont pas envie de porter, conscients du fait qu’un certain nombre de choses qu’ils produisent nécessitent que les personnes pour pouvoir y accéder dépensent des sommes d’argent plus importantes qu’elles sont capables de faire.

Et c’est très important pour nous, au niveau du Réseau, de réfléchir à une solution pour un droit à l’alimentation comme une solution pour un droit à produire correctement dans notre pays, et que la relation entre ces deux catégories de personnes, en quelque sorte dans notre société, puisse devenir positive pour la vie des gens, pour la sortie de la pauvreté, et évidemment pour la planète, pour le climat, et donc finalement pour les humains qui doivent continuer à vivre sur Terre, puisque finalement c’est eux qui sont en danger.

Inégalités et injustices sociales sont intimement reliées avec ce levier qu’est le droit à l’alimentation, tout comme il l’est aussi en termes climatiques avec le logement, avec la mobilité, et avec le type d’emploi qu’on peut créer dans notre société aujourd’hui. Bon vent à la Ceinture alimentaire liégeoise ; mais mon vent c’est à la condition qu’on se retrousse, tous, les manches pour se dire que les injustices doivent être reliées à ces enjeux cruciaux. Je terminerai en disant, vous le savez, au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, on ne peut plus supporter que les gens aillent tendre leurs mains pour pouvoir manger, soient soumis à accéder à ce droit de façon conditionnée. On veut un système économique de proximité qui permette à tout le monde de vivre dans une dignité d’évidence indispensable à traversée de la vie. Voilà, bon anniversaire ! »