"L'allaitement, un choix loin d'être réellement libre pour toutes"
L’allaitement est souvent présenté comme bénéfique non seulement pour les nouveau-nés et leur mère, mais également pour l’ensemble de la société. C’est le message porté par le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire dans le cadre de ses campagnes de promotion de l’allaitement maternel. Pour étayer cette démarche, l’institution s’appuie sur les constats de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et relaie les recommandations formulées conjointement avec l’Unicef, qui préconisent un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie.
D’après ces organisations, l’allaitement constitue un levier favorisant la réduction de la pauvreté, le développement économique, la diminution des inégalités sociales ainsi que la préservation de l’environnement.
Pour Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la pauvreté, « promouvoir l’allaitement comme moyen de lutte contre la pauvreté sans considérer avec finesse les conditions de vie des mamans équivaut à renforcer les inégalités, plutôt qu’à les réduire ».
Pour les femmes confrontées à la pauvreté, l’allaitement maternel peut se heurter à de nombreux obstacles : l’exercice de plusieurs emplois simultanément, des postes peu protégés, des conditions de travail ne permettant pas toujours de tirer son lait, l’insécurité alimentaire, la fatigue, le stress, les conditions de logement, l’état de santé ou encore les réalités du quotidien.
Selon Christine Mahy, il est primordial que chaque femme, y compris celles vivant dans la précarité, puisse disposer d’un véritable choix, qu’il s’agisse d’opter pour l’allaitement ou de recourir aux laits pour nourrissons. Toutefois, surmonter les obstacles rencontrés nécessite un accompagnement adapté, un accès à une information fiable et compréhensible ainsi qu’un soutien professionnel avant la naissance et tout au long de la période d’allaitement.
Comme le souligne Christine Mahy, « l’allaitement ne doit pas être un outil de distinction sociale, ni de méritocratie ! »