L’aide alimentaire sous pression après les exclusions du chômage !

Les Restos du Cœur et la Croix-Rouge constatent une augmentation des demandes d’aide alimentaire. «Depuis 2019, on parle de minimum 10% d’augmentation chaque année dans les repas donnés. En 2026, elle approche déjà les 20%», détaille Bob Balbourg, directeur des Restos du Cœur de Liège. Les associations voient également arriver de nouvelles personnes qui, jusqu’ici, n’avaient jamais eu recours à l’aide alimentaire.

Cette situation intervient alors que les exclusions du chômage commencent à produire leurs effets. En six mois, pas moins de 99.000 chômeurs ont perdu leur statut en raison des nouvelles mesures gouvernementales concernant les allocations de chômage. Pour certains ménages, la perte de revenus peut atteindre plusieurs centaines d’euros par mois. «Une dégringolade brutale», résume Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. Plus de 53% des chômeurs exclus se seraient tournés vers les CPAS, soit 52.000 personnes.

Pour les acteurs de l’aide alimentaire, cette situation pourrait encore entraîner davantage de demandes dans les prochains mois. La perte des allocations ne signifie pas nécessairement un recours immédiat à l’aide alimentaire. Certaines personnes peuvent d’abord compter sur leurs économies, leur famille ou leurs proches. Plusieurs mois peuvent donc s’écouler avant qu’elles ne sollicitent les associations.

C’est ce décalage qui inquiète les Restos du Cœur et la Croix-Rouge. Alors que les demandes augmentent déjà, les associations disposent de stocks insuffisants pour répondre à l’ensemble des besoins. À la Croix-Rouge, les premières exclusions de mars n’avaient pas provoqué une forte augmentation des demandes, tandis qu’une hausse plus importante a été observée après les changements de statut intervenus en juillet.

En 2025, la Croix-Rouge avait déjà fourni près de 240.000 aides, notamment sous forme de colis de première nécessité et de courses dans ses épiceries sociales. Les dernières données nationales disponibles, datant du printemps 2026, indiquaient par ailleurs que 73% des services d’aide alimentaire constataient une augmentation des demandes.

Pour les associations, l’ampleur réelle de cette hausse ne pourra toutefois être mesurée qu’au cours des prochains mois. La progression des demandes pourrait ainsi continuer à peser sur les services d’aide alimentaire et les CPAS, déjà confrontés à des moyens limités.