« Disparition du cash : quelles conséquences pour notre société ? »

Ce 21 mars 2023, Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la pauvreté était l’invitée de la Première pour parler des conséquences de la disparition de l’argent liquide dans notre société.

Pour Christine Mahy : « La dématérialisation de l’argent s’ajoute à la dématérialisation de toute la vie administrative, je veux dire, des citoyens et rend la vie des gens beaucoup plus complexe. »

Elle ajoute : « Mais on ne doit pas créer un climat qui fait que les autres se sentent à côté de la société, se sente à la traîne du système, et ça, ça ne va pas du tout. Il y a une espèce d’attitude incantatoire qui a l’air de dire à un moment donné, « tout le monde sera équipé, tout le monde saura l’utiliser et ça va matcher ». Ce qui amène parfois à dire « si vous pensez que quand tous les vieux seront morts, ce sera réglé », vous vous trompez. Les gens ont besoin de relations humaines. »

Retrouvez ci-dessous la retranscription intégrale de la prise de parole de Christine Mahy

Disparition du cash : Quelles conséquences pour notre société ?

« La dématérialisation de l’argent s’ajoute à la dématérialisation de toute la vie administrative, je veux dire, des citoyens et rend la vie des gens beaucoup plus complexe. Pour moi, ce qui est problématique, lorsqu’on avance massivement vers un type de dispositif, j’ai envie de dire, culpabilisant carrément presque les gens d’encore utiliser de l’argent liquide. Il faut laisser le panel des offres ouvertes.

Celui qui veut être au tout au digital, au tout à la carte de banque, à l’application, tout ce qu’on veut il le fait. Mais on ne doit pas créer un climat qui fait que les autres se sentent à côté de la société, se sente à la traîne du système, et ça, ça ne va pas du tout. Il y a une espèce d’attitude incantatoire qui a l’air de dire à un moment donné, « tout le monde sera équipé, tout le monde saura l’utiliser et ça va matcher ». Ce qui amène parfois à dire « si vous pensez que quand tous les vieux seront morts, ce sera réglé », vous vous trompez. Les gens ont besoin de relations humaines.

Il y aura toujours des gens qui vieilliront, qui savent aujourd’hui, qui ne sauront plus demain. Il y aura toujours des personnes qui naissent avec un handicap malheureusement, qui ont une certaine autonomie mais qui ne sauront pas utiliser le digital. Il y aura toujours des gens qui seront réfractaires à ça. Je voudrais quand-même dire que l’argent que le citoyen possède, c’est de l’argent légitime qui lui appartient, dont il dispose pour organiser sa vie. Est-ce que dans ce champs-là, le citoyen n’a pas le droit de dire et de décider comment il a envie d’organiser la gestion de son quotidien avec cet argent-là ?

Il faut que l’autorité politique entende qu’on peut dématérialiser et tout ça. Mais il faut des humains qui doivent permettre aux gens d’accéder à leurs droits, d’accéder à tout ce qui nécessaire à gérer leur vie à travers une aide humaine, s’ils en ont besoin. Donc, on a des gens derrière des guichets pour conseiller les gens, pour rendre le service aux gens, pour parler avec les gens, pour rassurer des gens. L’échange entre humains, ce n’est pas un document dans lequel on met une croix, un point, une virgule et puis les choses sont réglées. On peut se dire dans la réalité où on est, on peut s’expliquer, on peut éventuellement s’engueuler même, mais on se parle. »