"Action de désobéissance civile pour les 50 ans des CPAS: un tapis d'humains et d'humaines pour "accueillir" les invités"
À l’occasion du 50e anniversaire de la Loi organique des CPAS, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté s’est mobilisé aux côtés d’ayants droit, d’animateur·rices et d’intervenant·es sociaux·ales d’associations, ainsi que d’assistantes et assistants sociaux de CPAS.
Devant les portes du Business Village Ecolys, à Suarlée, les militant·es ont constitué un véritable « tapis d’humains et d’humaines », comme entrave d’accueil obligatoire pour les quelque 1 200 invité·es à l’évènement..
Allongé·es sur des cartons, dans des sacs de couchage, sur des couvertures de survie, numéroté·es comme des dossiers mais avec des messages DEBOUT écrits et vocaux d’ayants droit et des messages de relations souhaitées assistants sociaux et ayants droit, les premières et premiers concerné·es par ce qui s’est dit à l’intérieur du bâtiment se sont rendu·es incontournables DEHORS, symbole de Exit de tous les droits !
« On a choisi d’être là à l’arrivée des participants au colloque », explique Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, à l’origine de cette mobilisation sauvage. « Mais pacifique ! ».
« L’idée de ce tapis d’humains, c’est de créer un choc concret, poursuit Christine Mahy. Ceux qui arrivent ne peuvent pas ignorer les gens qui sont là, allongés par terre. Ça va les ralentir. Ils sont obligés de les contourner, de les enjamber.«
Une action destinée à interpeller les participant·es dès leur arrivée, mais aussi à dénoncer les limites d’un événement dont les premières et premiers concerné·es restent, eux, à l’extérieur.
« On connaît bien la Fédération des CPAS qui organise l’événement officiel », précise Christine Mahy. Il a d’ailleurs été demandé au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté d’y participer à sa façon, en produisant une capsule vidéo d’une minute. « Alors, on l’a fait. Mais dans un colloque comme ça, c’est presque impossible d’envisager autre chose. Le format ne convient pas. De toute manière, on ne veut pas être dedans. Même si les académiques invités sont intéressants à écouter. »
Cette action porte aussi un message directement adressé au monde politique. Pour Christine Mahy, la situation actuelle fait écho à celle dénoncée par le Réseau il y a dix ans : « Aujourd’hui plus que jamais depuis l’après-guerre, ce gouvernement crée la pauvreté et dans le même temps expulse ceux qui la subissent des droits et des mécanismes solidaires ! »
Cette formule figurait déjà, mot pour mot, dans un communiqué publié par le RWLP en 2016, à l’occasion des 40 ans des CPAS. Dix ans plus tard, le constat dressé par le Réseau reste, selon Christine Mahy, tristement actuel. « Parce qu’il y a 10 ans, cette fragilisation du public était déjà là, avec le gouvernement Michel, rappelle-t-elle. raconte Christine Mahy. On était déjà dans le durcissement, avec les PIIS. »
Une décennie plus tard, le RWLP considère donc que les alertes formulées en 2016 restent pleinement d’actualité. Les mots ont traversé les années sans perdre leur portée. Pour Christine Mahy, ils prennent même aujourd’hui une dimension supplémentaire : « Malheureusement. Et aujourd’hui, ça va plus loin encore. »
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