"La réforme fiscale inquiète le Réseau belge de lutte contre la pauvreté !"
À la suite de l’adoption de la réforme fiscale par la Chambre, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) fait part de ses inquiétudes quant à ses répercussions sur les personnes les plus précaires. Parmi les mesures qui suscitent ces préoccupations figurent l’imposition du revenu d’intégration (RIS) et la suppression progressive des avantages fiscaux liés aux allocations de chômage.
Selon le Réseau, ces mesures risquent d’aggraver la situation financière des ménages les plus fragiles. « Pour les personnes en situation de précarité, les conséquences de l’imposition de leur revenu d’intégration sont très importantes », explique la coordinatrice du BAPN, Caroline Van der Hoeven. « Le revenu d’intégration est bien en dessous du seuil de pauvreté européen. Les gens vont avoir encore plus de mal à joindre les deux bouts. »
BAPN estime également que cette réforme pourrait constituer un frein supplémentaire à l’accès à l’emploi. « La réforme fiscale est née du souhait d’augmenter la différence entre les personnes qui travaillent et celles qui ne travaillent pas, mais l’accès à l’emploi devient juste plus difficile. Les gens subissent seront encore plus stressés à l’idée de devoir nourrir leurs enfants ou payer leurs factures. »
Il s’inquiète aussi de la suppression progressive des avantages fiscaux liés aux allocations de chômage. « Les allocations de chômage se situent également sous le seuil de pauvreté. Les avantages fiscaux offrent un peu de répit aux gens et ne sont certainement pas de gros cadeaux comme cela est parfois présenté. »
Caroline Van der Hoeven, souligne également que cette réforme s’ajoute à d’autres mesures récentes qui touchent les publics les plus vulnérables. « Le grand problème est que cette réforme intervient après une série d’autres réformes, comme la limitation dans le temps du chômage et le fait de subordonner l’octroi du revenu minimum à un parcours d’accompagnement obligatoire en cas de dépendance », explique Mme Van der Hoeven. « Toutes les réformes visent les mêmes catégories de personnes, les plus vulnérables. Elles ne savent pas toujours à quoi s’en tenir, quelles seront les conséquences pour elles et où elles peuvent trouver des informations. Ce qui cause beaucoup d’incertitudes. »