"A quelles conditions est-ce qu'on garantit le droit au logement ?"

Le 25 juin 2026, Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, était l’une des invitées de l’émission On en parle ?. Elle y débattait aux côtés de Cécile Neven, Ministre MR du Logement, Sana Teggouri, Directrice gérante des Habitations de l’Eau Noire et Thomas Thaels, directeur gérant de Logenam, la nouvelle société de logement en région namuroise.

Les échanges portaient sur la réforme de la politique wallonne du logement, articulée autour de la création de l’Agence wallonne de l’Habitation (AWH) et des 14 Pôles locaux du Logement (PLL). Cette réforme ambitionne de structurer l’offre de logements de manière plus cohérente, territorialisée et efficace, en rassemblant sous une même organisation les différents acteurs régionaux et locaux. (En savoir + sur la réforme ici).

Pour Christine Mahy, le RWLP soutiendra toute réforme qui permettra d’accroître de manière significative le parc public, le parc social, à condition que cette augmentation soit réelle, durable et répartie sur l’ensemble du territoire.

Elle souligne : « Si les réformes vont vers des améliorations dans le but de garantir le droit au logement pour toute la population, notamment les personnes déjà fragilisées, nous sommes pour. À condition également que les nouvelles réformes garantissent que chacun puisse s’y retrouver et que personne ne soit laissé de côté dans les nouveaux dispositifs et les nouvelles procédures. »

Elle invite également à s’interroger sur les objectifs de cette réforme : « à quelles conditions garantissons nous le droit au logement ? Pour qui ? »

Christine Mahy rappelle que de nombreux ménages aux revenus modestes ne parviennent aujourd’hui plus à accéder à un logement.

À ce titre, elle évoque les appels reçus par le 1718 – Urgences sociales de la Région wallonne : « La plus grande partie des appels concerne le logement. Il ne s’agit pas uniquement de personnes déjà inscrites sur les listes d’attente. Beaucoup sont des ménages qui occupent actuellement un logement privé, mais dont le bail prend fin ou dont le propriétaire reprend le bien. Ils doivent retrouver un logement, mais n’y parviennent plus. Ils se tournent alors vers le logement social faute d’alternative. »

La secrétaire générale du RWLP souligne également que certains ménages restent dans des logements sociaux qui ne répondent plus à leurs besoins, qu’il s’agisse de leur qualité, de leur état ou de leur taille.

Elle explique : « Il y a des personnes qui vivent parfois dans des situations de mal-logement parce qu’elles ont peur de quitter leur logement social, sachant qu’elles risquent de ne jamais retrouver une solution abordable. »

Elle rappelle également que le logement social joue un rôle essentiel dans l’équilibre du marché du logement. Il y a, selon elle, une importance à  » doper le logement social » qui permettrait de disposer d’un véritable levier face au marché privé, en favorisant un meilleur rapport de force et en contribuant à une plus grande accessibilité au logement.