"La canicule concerne massivement toute la population !"

Face à la première vague de chaleur de l’été 2026, Christine Mahy estime que les autorités n’ont pas apporté de réponse suffisante à la canicule. Elle critique « La légèreté et la désinvolture » avec lesquelles elles ont réagi et regrette l’absence de mesures concrètes, affirmant : « Chez nous ? Rien. Ni de la part du fédéral, ni des Régions. Je ne dis pas que c’est facile. Mais rien, c’est rien. »

Elle rappelle que, contrairement aux inondations qui ont touché principalement certaines régions, la canicule concerne l’ensemble de la population, même si ses conséquences sont particulièrement lourdes pour les personnes les plus vulnérables. Les personnes vivant dans des logements mal isolés, sous les toits, en caravane ou sans domicile sont confrontées à des conditions de vie extrêmement difficiles, notamment dans les grandes villes où les températures sont encore plus élevées.

Au-delà des effets physiques, Christine Mahy souligne les répercussions psychologiques de la chaleur. Le stress, la promiscuité et les mauvaises conditions de logement aggravent les tensions sociales. Selon elle, « Les effets de la canicule sont terriblement délétères. On va les étudier statistiquement, en masse. Ce qui est gênant, c’est qu’on ne verra pas à quel point la canicule vulnérabilise encore plus ceux qui le sont déjà ».

La secrétaire générale du RWLP critique également l’attitude des responsables politiques, qu’elle juge déconnectée de la réalité vécue par une partie de la population. Elle explique : « Il y a cette impression de désinvolture de nos gouvernements face à la réalité. La population se sentait déjà violentée, notamment par les exclusions du chômage. Et ici, alors que la situation est très grave, ils ont l’air de sourire. Je suis tombée de ma chaise face à ce manque de prise au sérieux. »

Elle considère aussi que les messages de prévention diffusés par les autorités, invitant simplement à boire de l’eau ou à rester à l’ombre, sont insuffisants pour les personnes qui ne disposent pas d’un logement adapté ou d’un espace frais où se réfugier. Elle dénonce « une violence symbolique terrible » dans ces recommandations qui ne tiennent pas compte des inégalités sociales.

Christine Mahy regrette l’absence de mesures, alors que d’autres villes européennes ont mis en place des dispositifs temporaires comme l’ouverture de lieux climatisés, l’installation de brumisateurs ou de protections contre le soleil. Si elle reconnaît que ces solutions restent limitées, elle estime qu’elles montrent au moins une volonté d’agir. Christine Mahy déplore également la diminution des investissements consacrés aux enjeux climatiques, alors même que la gravité de la situation est désormais manifeste. Elle conclut avec inquiétude : « On sait bien que la population critiquerait quand même les mesures mais au moins on pourrait dire : allez, ils bougent, ils prennent des décisions. Et alors qu’on est en train de faire le constat que ce qui se passe est très grave, on réduit encore l’investissement dans les enjeux climatiques. Et on continue à faire peur aux gens en faisant croire qu’il n’y a plus d’argent, ce qui est un gros mensonge. Au nom du portefeuille, on dit aux gens : et bien, souffrez. On comptera les morts à la fin. »