Cohabitants, tous perdants !

Depuis le 1er mars 2026, un cohabitant peut percevoir au maximum 893,65€ de revenu d’intégration sociale. Un montant qui peut encore être réduit, voire supprimé, si l’enquête du CPAS estime que les revenus cumulés du ménage dépassent 1.700€. Désormais, les allocations familiales sont elles aussi prises en compte !

Pour Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la pauvreté, ces nouvelles dispositions légales entrées en vigueur depuis le 1er mars 2026, constituent « une régression considérable ». Non seulement la suppression du statut cohabitant n’a pas été entendue, mais la situation des personnes concernées se dégrade encore davantage.

Elle pointe notamment les conséquences dans les grandes villes telles que Bruxelles, Liège, Charleroi ou Namur : une aggravation du mal-logement, des tensions accrues dans les ménages et le risque grandissant de voir davantage de femmes et d’enfants basculer dans la précarité.

« J’ai le sentiment que les personnes déjà fragilisées dans notre société, notamment des femmes d’origine étrangère, seront les premières victimes de cette politique d’exclusion sociale », explique-t-elle.

Elle cite l’exemple de Marie qui percevait 500€ de RIS. Une somme insuffisante pour se reloger seule avec ses enfants, mais qui lui permettait malgré tout de garder une forme d’autonomie face à un compagnon violent. Avec la prise en compte des revenus de son compagnon et des allocations familiales, cette aide pourrait aujourd’hui disparaitre.

Pour Christine Mahy, ces mesures vont : 

  • Accentuer l’appauvrissement des ménages ;
  • Enterrer davantage l’individualisation des droits sociaux au nom de la solidarité familiale ;
  • Faire glisser les droits sociaux vers une logique d’aide sociale soumise au contrôle des CPAS ; 
  • Favoriser, faute de revenus suffisants, le développement du travail au noir

Elle estime aussi que cette que la réduction du RIS va, non seulement appauvrir les personnes concernées, mais revient à régionaliser la sécurité sociale, les CPAS étant financés par les communes, elles-mêmes dépendantes des régions.

Retrouvez l’interview complète de Christine Mahy via le PDF ci-dessous