Manifester est un droit !
Ce 5 octobre 2023, le Réseau Wallon de Lutte contre la pauvreté était dans la rue, aux côtés des syndicats et du monde associatif, pour défendre un droit fondamental dans une démocratie : celui de s’organiser, d’interroger les systèmes, d’interpeller les autorités politiques, sans être criminalisé pour l’avoir fait !
Pendant que des syndicalistes, des militant·es de Greenpeace, des citoyen·nes qui défendent des droits se retrouvent devant les tribunaux, l’État, lui, accumule les condamnations qu’il n’applique pas et les droits qu’il ne respecte pas. Sans être inquiété.
Alors, avec les premières et premiers concerné·es, avec tous ceux qui ont encore la conviction que le contrat social doit pouvoir exister, que la critique populaire est saine pour une démocratie, que descendre dans la rue c’est construire et pas détruire, le RWLP dit STOP.
STOP à la loi Van Quickenborne !
Retrouvez la retranscription complète de la prise de parole de Christine Mahy ici
« Le Réseau de lutte contre la pauvreté est dans les rues aujourd’hui avec son équipe, pour s’associer aux syndicats, au monde associatif et à tous ceux qui doivent garder le droit d’interroger la société, la collectivité dans ses systèmes, d’interroger ses autorités politiques. On est dans un État qui est encore normalement un État de droit, où il y a une séparation entre la justice et l’État. Il. y a la possibilité pour les citoyens de s’exprimer. Il n’y a aucune raison que ceux qui ont à questionner l’État, ceux qui ont à interroger les systèmes, ceux qui ont à défendre les droits des travailleurs, les droits de la population, les droits des citoyens, soient criminalisés. Quelle que soit la manière dont ils le soient par rapport à l’État.
On a vu dans les mois qui sont passés les difficultés chez Delhaize dans les combats, les difficultés des syndicalistes de se faire entendre, la gravité des situations pour les collègues de Greenpeace qui sont incriminés au tribunal pour avoir mené une action pacifique contre des organisations gazières. On a vu à quel point on criminalise aussi les droits individuels aujourd’hui dans notre société. Et pourtant, on peut se poser la question : comment cela se fait-il que, quand l’Etat ne respecte pas ces droits, il n’est pas criminalisé.
On l’a vu avec les personnes accueillies venant d’autres pays. On voit le nombre de condamnations que notre État subit et qu’il n’applique pas, qu’il ne respecte pas.
Alors il ne faut pas tout confondre. Il y a besoin de la critique populaire. Il y a besoin des citoyens qui s’organisent. Il y a besoin des syndicats. Il y a besoin des organisations qui descendent dans la rue. C’est sain pour une démocratie. C’est comme ça que le contrat social peut continuer à exister. C’est comme ça que la relation saine avec l’autorité politique peut exister. Et interdire tout ça, c’est attaquer les droits essentiels et majeurs. C’est attaquer une liberté d’expression et une liberté d’expression constructive. Parce que cette liberté d’expression-là, qui s’exprime dans la rue, elle le fait dans le but de construire, elle le fait dans le but d’interroger, elle le fait dans le but d’interpeller de politique, elle le fait dans le but d’établir encore un dialogue et une relation si possible. Mais parfois, il faut passer par des formes de désobéissance civile pacifique. Parfois, il faut passer par des formes où on est très nombreuses dans la rue. Parce que quand on n’est plus entendu par les autorités pour des choses qui sont essentielles, c’est nécessaire et indispensable.
Alors, on n’est pas d’accord avec une criminalisation des individus, on n’est pas d’accord avec une criminalisation des citoyens et des collectivités syndicales lorsque la parole est légitime et que des droits sont à défendre, que les citoyens vivent dignement dans notre société. Alors, stop à quoi ? Stop à la loi Van Quickenborne. »