Valider l’injuste comme une réalité acceptable, c’est non !

D’après les gouvernements, nous n’avons pas le choix, il n’y a pas d’argent, les gens abusent et les seules voies possibles seraient les sanctions et l’austérité.

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté et les témoins du vécu militant.es, avec le Réseau belge (BAPN), s’élèvent contre ces orientations politiques et contre les messages trompeurs qu’ils distillent dans la société.

Notamment à propos des « assistés », « fainéants », « profiteurs » comme les disqualifient certains jetant ainsi en pâtures une partie de la population pour justifier des mesures qui écrasent plus que jamais les plus combatifs dans la survie avec ou sans emploi, s’autorisant à attaquer frontalement les droits du travail, les services publics, la sécurité sociale et le monde associatif.

Notamment en attisant la peur et en se jouant de la sidération dans laquelle ils plongent la population, affirmant qu’il n’y a pas/plus d’argent et que la seule manière de gérer la dette de l’Etat c’est l’austérité, mais refusant de s’engager par exemple sur le chemin de la justice fiscale.

L’austérité pratiquée par nos gouvernants n’a aucune légitimité et ils se trompent de cibles : elle augmente les inégalités, pratique l’appauvrissement de celles et ceux qui sont déjà dans le trop peu, détruisent les droits. Les conséquences en cascade sont dramatiques pour nombre de personnes, mais également pour notre société : des potentiels individuels et collectifs, affaiblis, usés et gaspillés prématurément. N’est-ce pourtant pas la population qui compte pour un pays ? L’ensemble des humains qui composent une société qui la font tourner ? Les droits et le recours aux droits qui organisent une société juste, apaisée, garantissant l’engagement de toutes et tous au progrès et au fait d’en jouir ?

Ce 12 mai, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté veut dire et redire aux politiques que leur validation de l’exploitation, de l’injuste et de la pauvreté comme réalités acceptables, c’est non ! Il le dira dans la rue, en soutenant la grève nationale, pour continuer à augmenter le rapport de force avec des gouvernements qui semblent hermétiques au dialogue, sourds aux alertes et aux propositions qui lui sont faites, enfermés – voire satisfaits – dans un système méritocratique délétère.

Il le dira avec d’autant plus de détermination que la prospérité partagée, la solidarité financée, le progrès social sont des horizons possibles, réalisables et autrement mobilisateurs. Et il rappellera ce que certains veulent occulter : personne ne se fait tout seul.
Il le dira au travers des outils traditionnels d’une manifestation, mais aussi de deux personnages : Mme Merit Ocratie et Mme Fait Dumieux Quellepeut, qui seront de sortie avec les landaus de leurs enfants respectifs et la nounou pour Mme Ocratie ; tout en contraste ! Une manière de visibiliser les inégalités entre les né.es pollution ou qualité de l’air, les né.es frigo vide ou ventre plein, les né.es avec un parcours (du combattant) ou avec un chemin (tout tracé), etc.

À la violence grandissante dans les discours et dans les décisions politiques, le RWLP et les témoins du vécu militant.es opposent une mobilisation collective, mêlant humour, colère et détermination, ancrée dans les réalités de vie des personnes en lutte quotidienne pour vivre malgré la pauvreté et l’appauvrissement. Fortes de leur savoir elles opposent les droits à la méritocratie.