"La lutte contre la pauvreté passe d'abord par l'accès au logement"

Le 8 octobre 2026, à l’approche de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté, le 15 octobre, et de la manifestation organisée à cette occasion à Namur, Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, était l’Invitée de la Rédaction, aux côtés de Mathieu Lefort, directeur de l’ASBL Soleil du Cœur, qui accompagne des ménages précarisés dans leur recherche de logement.

Pour Christine Mahy, le logement est le problème numéro un en Wallonie.

« C’est la clé de voûte, comme les familles continuent à le dire. La première épine qu’il faudrait enlever du pied, c’est la possibilité d’accéder à un logement, de le maintenir, qu’il soit payable, qu’il n’endette pas, qu’il soit peu énergivore et salubre, et qu’il ne soit pas non plus excentré par rapport à des moyens de locomotion qui permettent d’accéder à toutes sortes de droits et de services.

Et c’est un défi et une complexité sur l’entièreté de la Wallonie. La situation ne s’améliore pas, bien au contraire, elle se dramatise partout.

Il y a une augmentation de l’impossibilité à trouver du logement, de la part des familles, de personnes individuelles, il y a une difficulté pour tous les acteurs de logements d’encore en trouver et on en génère pas du tout assez et donc on est dans la quadrature du cercle.

Donc oui, problème numéro un et problème numéro un en Wallonie également. Nos autorités publiques devraient mettre ça au cœur de toutes leurs politiques publiques. »

Elle conclut en rappelant que la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté, accompagnée de sa grande mobilisation, aura lieu le 15 octobre prochain à Namur, avec comme thème central « Démontons la méritocratie ». Car lorsqu’on se trouve dans une situation de pauvreté, ce n’est pas simplement une question de volonté.

« On est un peu dans une tension sociétale aujourd’hui où certains acteurs politiques et, parfois, des gens dans la société ont l’air de dire : “Mais enfin, pour se sortir de ce problème, réussir sa vie, trouver du boulot, il suffit de le vouloir. Ce n’est qu’une question de volonté, il suffit de faire un effort”, etc.

Si c’était vrai, je pense que la majorité des gens qui n’ont pas d’emploi aujourd’hui, la majorité des gens qui n’ont pas de logement aujourd’hui, etc., auraient pu résoudre leur situation. Si c’était vrai, si ce n’était qu’une question de volonté, et que l’offre soit au rendez-vous, le problème serait réglé.

La question est en fait plutôt du côté des droits, de la manière dont ils sont organisés. Et nous, nous opposons les droits à la méritocratie.

Ce n’est donc pas une question de responsabilité individuelle, c’est une question de conception de l’organisation d’une société pour faire en sorte que tout le monde ait droit à un revenu décent, qu’il s’agisse d’un revenu du travail ou pas du travail. »