"Aujourd'hui, beaucoup de gens payent un loyer sans plus savoir vivre !"
Retrouvez ci-dessous la retranscription intégrale de l’intervention de Christine Mahy
« Ce que l’on doit mettre autour de la table, c’est une égalité d’apports entre ce que les locataires ont à dire et ce que les propriétaires ont à dire. Dans des commissions paritaires, lorsqu’il y a des tensions, etc. Mais en dehors de ça, pour créer les législations, c’est cela que l’on doit faire. Il ne faut pas oublier que le logement, malheureusement, est devenu un bien marchand, en dehors du logement public, donc un produit un produit d’investissement. Alors, n’oublions pas que le logement devrait faire partie du droit au logement.
Alors, je ne suis pas pour spolier les petits propriétaires, on a une majorité nombreuse de propriétaires et il vaut mieux ça que de gros investisseurs qui font la loi sur l’ensemble du marché, mais il ne faut pas oublier que la population doit aussi être logée. Donc, comment construit-on des règlementations, des grilles indicatives et d’autres dispositifs où l’autorité a son mot à dire aussi et qui tient compte des deux parties ?
Car finalement l’objectif, c’est quoi ? C’est que les gens soient apaisés dans un logement, qu’ils sachent payer le propriétaire, en vivant bien. Aujourd’hui, beaucoup de gens payent de loyer sans plus savoir vivre !
Je vous explique une situation. À la suite des inondations à Verviers, je rencontre les gens cet été, quatre ans après. Un monsieur m’explique : « j’étais pauvre avant les inondations. Je vivais dans un mauvais logement en termes de salubrité. Je le payais à un prix que je savais malgré tout payer, en y vivant pas très bien. Mais ça me permettait d’assumer mes autres dépenses. Je suis revenu dans ma région, après avoir circulé en Wallonie sans solution. J’ai dû relouer plus cher un logement rénové. Aujourd’hui, je paye plus cher. Je suis mieux logé. Mais je ne sais plus assumer toute une partie de mes autres dépenses en termes de santé. »