Femmes en marche contre la méritocratie
Ce 8 mars est consacré journée mondiale de lutte pour les droits des femmes. À cette occasion, le RWLP se mobilise aux côtés du Collectif 8 mars. Et plus particulièrement cette année, alors que de récentes mesures gouvernementales dégradent ces droits, alors que la petite musique « méritocratique » se répand sans vergogne dans les discours ambiants.
Rappelons d’abord que l’homme le plus pauvre en Belgique et dans le monde est encore et toujours une femme. Elles représentent plus de 70% des personnes en situation de pauvreté ou d’appauvrissement en Belgique. Ce constat obligerait à des remises en question politiques profondes, loin des slogans sur la parité. Mais les orientations prises par nos gouvernements – en particulier au niveau fédéral – creusent les inégalités et portent atteinte directement et/ou insidieusement aux droits des femmes. Des droits déjà vacillants ou toujours inexistants dans les faits. Ce que nous constatons :
- les mesures d’exclusion du chômage génèrent un dépendance accrue de femmes à leurs conjoints, voire à leurs enfants ;
- ces mesures fragilisent aussi les personnes travaillant ou ayant travaillé à temps partiel (nombreuses sont des femmes qui exercent un temps partiel, non choisi) ainsi que celles qui travaillent sous contrat ALE. Peut-on d’ailleurs décemment parler encore de contrat quand la rémunération pour effectuer la garderie scolaire, faute d’une allocation complémentaire, s’élève à 180 euros/mois ? ;
l’application du statut cohabitant qui pénalise les familles davantage encore lorsqu’elles doivent recourir au CPAS, appauvrit de nombreuses femmes;
les économies dans le secteur de la petite enfance renforcent le casse-tête pour faire garder les enfants, amplifiant les difficultés quotidiennes en particulier pour les femmes qui travaillent, qui se forment ou qui recherchent un emploi ;
la « flexibilisation » du travail ajoute au poids sur les femmes ; etc.
Quand nos autorités politiques prônent un modèle de société méritocratique, basé sur le courage individuel, la volonté individuelle, la réussite individuelle, les témoins du vécu militantes et militants au RWLP leur retournent que « les femmes pauvres ne manquent pas de mérite, mais de droits ». De bons emplois et de bonnes conditions de travail, des contrats dignes de ce nom, des services publics accessibles à toutes, une fiscalité juste, une sécurité sociale forte, des logements décents et payables… sont opposés à la méritocratie en laquelle certains voient une formule gagnante. Parce que personne ne se fait tout seul et que « seules on traine des pierres ; ensemble, on construit des ponts ! »