A l'occasion du 50e anniversaire de la loi organique des CPAS, le RWLP organise une action de désobéissance civile pacifique !
Ce jeudi 10 septembre 2026, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, accompagné d’associations, de proches et partenaires, de partenaires sociaux, d’étudiant·es en écoles sociales, d’assistant·es sociaux·les, de professeur·es d’hautes écoles d’AS, de chercheur·euses et penseur·euses du travail social, etc., a organisé une action de désobéissance civile pacifique à l’occasion de l’évènement du 50e anniversaire de la loi organique des CPAS, organisé par la Fédération des CPAS au Business Village Ecolys à Suarlée !
Ils ont constitué un véritable « tapis d’humains et d’humaines » comme entrave d’accueil obligatoire pour les 1200 personnes qui participeront à l’évènement. Couché.es sur des cartons, dans des sacs de couchage, sur des couvertures de survie, numéroté.es comme des dossiers mais avec des messages DEBOUT écrits et vocaux d’ayants droit et des messages de relations souhaitées assistants sociaux et ayants droit, les premières et premiers concerné.es par ce qui s’est dit à l’intérieur du bâtiment se sont rendu.es incontournables DEHORS, symbole de Exit de tous les droits !
Aujourd’hui, plus que jamais depuis l’après-guerre, ce gouvernement crée la pauvreté et dans le même temps, expulse celles et ceux qui la subissent des droits et des mécanismes solidaires !
Aujourd’hui, la déconstruction des droits sociaux et de la solidarité frappe notamment à travers :
- La réforme du chômage avec exclusion des personnes de la sécurité sociale vers les CPAS ;
- La destruction ou l’affaiblissement sévère des droits, des services publics, de l’associatif, dérégulation augmentée de l’emploi, … ;
- L’importance du caractère résiduaire des CPAS en voie de disparition avec l’affaiblissement de la sécu et des droits ;
- Le durcissement de la plupart des réglementations appliquées dans les CPAS ;
- La déshumanisation du travail social, le détournement de sa fonction ;
- La fracture du dialogue social et la mise en doute systématique des analyses scientifiques étayées ;
- La dépersonnalisation des gens, les réduisant plus que jamais à des dossiers, documents, portefeuilles ;
- La dépersonnalisation des assistants sociaux, leur assignant de plus en plus une mission d’exécutants administratifs et de contrôleurs sociaux
Le gouvernement fédéral actuel casse non seulement « des gens » mais aussi les dispositifs publics solidaires. Il piétine l’idée même d’empathie et de solidarité comme valeurs centrales d’une société démocratique. Il clive, il, oppose, il met en concurrence, ainsi, il donne la becquée à l’extrême droite qui fait dramatiquement tache d’huile autour de nous !
Nous voudrions un gouvernement fort, fort de convictions et de visions pour :
- La recherche de l’égalité comme seule bonne réponse à un projet de société sans gaspillage des potentiels humains, en capacité de relever les défis énormes que sont là : le climat, l’IA, l’évolution de l’emploi et du travail, les évolutions démographiques, la situation géopolitique mondiale, …
- Un engagement déterminé pour la réduction et la régulation de la possession excessive des richesses matérielles et immatérielles. Accaparement délétère pour les politiques publiques, les droits vitaux pour une grande partie des gens les confinant à la traversée de la vie dans le trop peu de tout, pour un projet de société, pour la solidarité, pour les enjeux climatiques et la nécessaire justice sociale dans tous les droits.
- Un engagement contre toutes les orientations qui offrent de l’espace à l’extrême droite chez nous, en Europe et dans le monde. Soit un engagement contre la stimulation d’une culture de la haine, du chacun pour soi et de l’hyper-valorisation de la méritocratie au profit de la stimulation d’une culture de l’empathie, de l’humanité, de la solidarité.
- Un dialogue social permanent avec les divers partenaires sociaux, syndicats, mutuelles, acteurs de l’éducation permanente, fédérations, car toutes les compétences doivent être mobilisées pour construire et porter des solutions justes, fortes, crédibles.
Radio Solidarité sera présent et en direct de l’action !
Il était une fois
À l’entrée de Suarlée
Un nom, pas un dossier
Au regard un peu triste
Il attendait de moi
Une phrase magique
Je lui dis simplement
« Si j’étais Président »
Si j’étais président
D’un C-P-A-S,
Plus jamais un dossier
Ne serait qu’un chiffre ;
Je nommerais d’abord
La Dignité ministre,
Première, et pour longtemps,
Si j’étais président.
Les Droits à la Justice,
Et non à la bienfaisance ;Ça tombe sous le sens :
Le Partage aux Finances ;
Aux travailleurs sociaux,
Du temps, pas du contrôle :
Ça, ce s’rait un bon plan,
Si j’étais président.
De l’argent, il y en a,
On sait bien où il dort :
Chez les gros patrimoines
Que la loi laisse en paix ;
Je mettrais un plafond
Aux fortunes sans fond
Et un plancher aux gens,
Si j’étais président.
L’article premier dit
Que chacun a le droit
De vivre dignement :
C’est écrit noir sur blanc !
Mais cinquante ans plus tard,
On numérote et on compte ;
J’y remettrais des noms,
Si j’étais président.
J’effacerais d’un trait
Le mot « cohabitant »,
Les fouilles de frigos,
Le soupçon permanent ;
On rendrait aux AS
Le temps de la confiance,
Le droit, pas le mérite,
Si j’étais président.
Un toit pour chaque vie,
Un guichet dans chaque gare
Se soigner sans compter,
L’école sans écart ;
Je mettrais la culture
Dans le pain quotidien,
Trouvez-vous ça si grand ?
Si j’étais président.
Je n’serai pas président,
Gardez vos beaux fauteuils :
Un droit ne se quémande,
Il s’arrache en luttant,
Pas besoin d’un congrès
Pour dire non plus fort
Nous sommes debout, ici,
Sans être présidents.
Chanson écrite par les Témoins du Vécu Militants et par l’équipe du RWLP à l’occasion du congrès organisé par la Fédération des CPAS en date du 10 septembre 2026 : “50 ans d’histoire … Et d’avenir pour les CPAS”