"Ce n’est pas un manque d’argent, ce sont des choix politiques !"

À l’occasion des 50 ans des CPAS, Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, était l’invitée de « La Première » ce 2 juillet 2026.

Les CPAS ont pour mission de garantir à toutes et à tous une vie digne. Pourtant, 50 ans après leur création, force est de constater que cet objectif n’est plus atteint. À leur lancement, « il y avait un enthousiasme fou, et ils étaient convaincus qu’en créant ce dispositif, on arriverait à éliminer la pauvreté ou à la faire reculer terriblement », explique Christine Mahy. Cinquante ans plus tard, le constat est tout autre.

Selon elle, cette situation s’explique par les évolutions institutionnelles, qui ont transformé les CPAS en des lieux « plus en plus envahies par des personnes de plus en plus en difficultés. »

Pour Christine Mahy, cette évolution résulte avant tout « du dysfonctionnement de la société en ce qui concerne des droits structurants comme le droit au logement, le droit à la santé, le droit aux revenus, le droit au travail, le droit à la mobilité, etc qui ont conduit de plus en plus de gens à aller vers les CPAS ».

Elle dénonce également le durcissement des règles d’octroi des aides des CPAS : « Ce durcissement des règles a lieu pour des raisons politiques et idéologiques avec une vision de plus en plus invasives : celle que les gens seraient éventuellement des profiteurs et des tricheurs. »

D’après Christine Mahy, ce renforcement des règles se traduit notamment par « l’idée que le retour au travail était d’office la priorité comme si c’était possible pour tout le monde, et comme si le marché du travail était en capacité d’accueillir tout le monde », mais aussi par le durcissement du statut de cohabitant, « qui implique une perte de revenus si on vit avec quelqu’un ».

Enfin, elle estime que ces différents constats exercent une pression sur le système d’aides destiné aux personnes les plus démunies : « Comme de plus en plus de gens vont au CPAS et que les règles sont durcies de plus en plus, on assiste à une augmentation des conditions d’accès puisqu’il y a de plus en plus de monde pour une enveloppe qui ne grossit pas en fonction de l’intensité des besoins de la population, donc il y a beaucoup de non-recours au droit dans les CPAS. »