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Action politique

"Ce projet repose sur le postulat insultant que les pauvres sont irresponsables"  Article de la Libre Belgique du 3 mai 2013


coup de sang
 

Christine Mahy est secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, l’une des associations signataires de la pétition contre le projet Turtelboom. Auquel elle reproche d’avoir pour effet de limiter l’accès à la Justice aux personnes "qui ont déjà les plus grandes difficultés à s’adresser à elle".

"Il ne faut pas croire que, parce que l’aide juridique gratuite est assurée aux plus démunis, ceux-ci y ont aisément recours. Beaucoup d’entre-eux non seulement manquent d’argent mais aussi et peut-être surtout de confiance en soi et d’informations de base pour faire la démarche de consulter un bureau d’aide juridique et de demander l’aide d’un avocat pro Deo. Ils ont peur de leur propriétaire, de leur employeur, peur de se lancer dans une procédure judiciaire éprouvante. En plaçant la barre plus haut, en leur demandant une contribution financière, le gouvernement place encore davantage d’obstacles sur leur chemin."

La critique de Mme Mahy va plus loin que ce constat : "Mme Turtelboom défend l’idée qu’un ticket modérateur responsabiliserait les justiciables dépendant de l’aide juridique. Quel drôle de postulat. Comme si les plus démunis étaient moins sérieux que les autres, comme s’ils s’adressaient à la justice à tort et à travers alors que c’est exactement l’inverse pour les raisons que je viens d’exposer. La vérité, c’est qu’ils sont, plus que les autres, soumis à exploitation, voient plus que les autres leurs droits bafoués et pourtant, ils ne vont pas plus que les autres devant les tribunaux. Laisser croire que la gratuité de l’aide les rendrait irresponsables est scandaleux. Mais hélas, c’est une tendance lourde et dangereuse de la part du gouvernement de frapper, pour quels résultats on se le demande, les plus faibles, d’opprimer ceux qui le sont déjà, d’ajouter de la norme et du contrôle sur le dos des personnes en état de précarité. Il s’agit d’une forme de déconsidération du peuple belge. Elle ne se constate pas seulement en matière de justice, on la voit à l’œuvre dans le domaine social et culturel. Mais la justice devrait être le dernier rempart de la protection du citoyen. Le projet Turtelboom va, au contraire, augmenter les inégalités et c’est très grave."

 

Appel de 30 Associations

Halte au démantèlement du droit à l’aide juridique
Non aux projets du gouvernement
Les signataires du présent Appel exigent du Gouvernement fédéral belge le respect de l’accès à la Justice pour tous, qui est un droit fondamental inscrit dans notre Constitution (art. 23), soumis à l’obligation de Standstill1 et reconnu par la Convention européenne des droits de l’Homme (art. 6). Ils invitent à la signature d’une pétition mise en ligne2.

Communiqué_de_presse__aide_judiciaire_26.04.2013.pdf

Article Le Vif

Lettre ouverte au premier ministre - La Libre 05/06/2013

Article La Libre

Emission La Première

Article La Libre

Reportage RTBF TV

Article Le Soir

Communiqué de presse du Ciré

Photos et vidéo de la LDH

Reportage réalisé par le CAL

Vidéo Le Soir.be

Et dans la presse néerlandophone

TV Brussel

De WereldMorgen

VRT

Communiqué Belga publié dans tous les journaux

Parce que l’appauvrissement frappe très durement aussi le monde agricole en Belgique : une proposition de loi pour aider les exploitants agricoles en difficulté vient d’ être déposée – 15 Mars 2013 – Namur.

14 NOVEMBRE 2012

AVEC LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS

POUR L’EMPLOI ET LA SOLIDARITÉ - NON À L’AUSTÉRITÉ

L’austérité, ça ne marche pas !

Il faut changer de cap pour un contrat social européen.

Pour l’emploi et la solidarité, non aux inégalités sociales.

Le RWLP mobilise et se mobilise aussi !

 

A l’appel de la Confédération européenne des syndicats, une journée d’actions nationales est organisée partout en Europe, avec des mobilisations particulièrement importantes en Grèce, Espagne, Portugal, Chypres et Maltes où la grève générale est annoncée.

 

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                                                                                                                                             Mercredi 7 novembre 2012

 

 

Monsieur le Président du Parlement wallon,

Monsieur le Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Alarmé par la dégradation des conditions de vie des populations en Wallonie en particulier, mais aussi en Belgique et en Europe, le RWLP se retrouve totalement dans l’argumentaire qui dénonce les travers du projet de Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance que la CSC et la FGTB vous ont adressé et dont le contenu intégral est repris en bas de notre courrier.

Au moment où la Direction générale Statistique du SPF Economie publie les nouveaux chiffres de pauvreté alarmants pour la Belgique, les Réseaux régionaux réunis dans le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté dénoncent la décision prise par le Gouvernement Fédéral en matière de réforme des allocations de chômage.

Cette mesure injuste ne peut que précipiter un nombre important de personnes sous le seuil de pauvreté, confiner des familles à l’appauvrissement, et condamner des enfants à connaître des conditions de vie limitées dès leur plus jeune âge. Les plus vulnérables seront atteints de plein fouet.

 

« NETWERK TEGEN ARMOEDE », LE RESEAU FLAMAND DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE, A INTRODUIT UN RECOURS AU CONSEIL D’ETAT POUR FAIRE ANNULER CETTE REFORME.

 

Une campagne de sensibilisation et de mobilisation contre cette reforme des allocations de chômage est lancée.

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) soutien la démarche juridique et s’associe à cette campagne.

Le réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) également.

Ce mois-ci, Arts et Publics vous invite à découvrir le Préhistosite de Ramioul (Flémalle près de Liège) qui deviendra en 2014 un musée de 30 hectares dans la forêt de la grotte de Ramioul. Il proposera 12 expositions-expériences pour vivre les trois dimensions de la Préhistoire : patrimoine, nature et science. Ce 7 octobre sera donc la dernière occasion de voir ce musée et ce site avant la réouverture.
Pour le moment, une équipe de 33 personnes accueille 40.000 visiteurs par an, dont 25.000 enfants. Son objectif est de reconstituer le mode de vie de nos si lointains ancêtres, au pied de la Grotte de Ramioul. Toucher, respirer, regarder et écouter la Préhistoire dans un univers multimédia interactif.

Au travers de 12 ateliers augurant les futures 12 expositions-expériences du nouveau musée, ce sont autant d’animations que vous pourrez découvrir et vivre en direct : découverte des entrailles de la terre dans la grotte de Ramioul, utilisation du silex, modelage de l’argile, test de fouilles, cuisine préhistorique, chasse à l’arc, …
Plus d’infos : http://www.ramioul.org/" href="http://www.ramioul.org/">http://www.ramioul.org/

Le guide des 52 musées gratuits le premier dimanche du mois peut être téléchargé et imprimé :

http://www.culture.be/fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/guideA3-dimanchesgratuits-V01.pdf" href="http://www.culture.be/fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/guideA3-dimanchesgratuits-V01.pdf">http://www.culture.be/fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/guideA3-dimanchesgratuits-V01.pdf

 

Des femmes, des hommes, des enfants, des familles s’usent d’user leur vie juste pour survivre ! Une société qui organise cela est une société assassine.

Un jeune SDF de 30 ans meurt parce qu’il est arrivé trop tard à l’abri de nuit, parce qu’il a trop consommé, parce qu’il était seul, … parce que, parce que, parce que…

La ville de Liège sanctionne les mendiants, parce qu’il y en a trop, parce qu’ils sont trop insistants, parce qu’ils ont consommé, parce que ça fait désordre, … parce que, parce que, parce…

La ville d’Anvers verbalise les personnes qui prennent des choses dans les poubelles, parce que ça ne se fait pas, … parce que, parce que, parce que, parce que…

Des demandeurs d’asile sont bafoués dans leur droit et certains meurent, de retour au pays…

Des enfants chez nous vivent dans la rue et dans les gares hier, aujourd’hui, maintenant…

Je ne sais pas vous, mais moi aussi ça me dérange de croiser de plus en plus de personnes SDF, de plus en plus de personnes qui mendient dans la rue ! Des hommes, des femmes, des familles, des enfants, des belges, des jeunes, des vieux, des malades, des costauds, avec un chien, seul, de nationalités diverses, en petit groupe, bourrés ou pas, enlaidis ou pas, de couleurs différentes, propres ou puants…Et pire, parfois on tombe sur quelqu’un qu’on connait, qu’on a connu… et c’est le choc de plus ! Miroir de cette société qui produit cet état de fait… et si j’étais plus fragile un jour aussi, et si ça me pendait au nez ! J’ai mal à eux, j’ai mal à moi. J’ai peur pour eux, j’ai peur pour moi.

Certains tentent de s’enfoncer dans le macadam ou les pavés pour qu’on les voit le moins possible, pour ne pas se voir eux-mêmes, d’autres occupent le centre d’un trottoir pour qu’on se trébuche dedans, quelques-uns ont quelque chose à nous donner en échange… un peu de musique, ils sont debout et en mouvement, assis, écroulés, fatigués, habitués, usés, tordus…

Des femmes, des hommes, des enfants, des familles s’usent d’user leur vie juste pour survivre !

 

Combien de rendez-vous ratés pour en arriver là ? Combien de rendez-vous mal organisés pour en arriver là ?

Je ne m’habitue pas.

Alors les questions qui traversent la tête, les questions qui occupent l’esprit et qui paralysent pour un instant, le temps de passer : je donne, je ne donne pas, ce n’est pas la solution de mendier, je ne vais tout de même pas jouer là-dedans car je suis pour des solutions structurelles, pourquoi à celle-là plutôt qu’à celui-là, ça ne va pas l’aider vraiment, et si je parlais avec lui plutôt, oui mais est-ce un vrai SDF ou est-ce que je me fais rouler, il va aller les boire et si je donnais les biscuits que j’ai dans mon sac… et puis zut, il faut que je m’habitue à passer sans les voir, ou en faisant juste un sourire, ou en ayant le regard vide pour ne pas me laisser accrocher par le leur…

Et puis je donne à celle-ci, à celui-là… parce que le regard est plus attendrissant, parce que je suis faible et moins politique dans ma tête aujourd’hui, parce que je sens de la monnaie dans ma poche et que le geste est presque machinal, parce que j’ai besoin de compenser mon mal à ma société, parce qu’aujourd’hui je suis triste ou heureuse, parce que, parce que, parce…

Et la masse autour par laquelle on se sent regardé… quand on donne, pas quand on passe !

Et ces invisibles trop visibles, ces visibles trop invisibles… ne sont que la pointe d’iceberg d’un appauvrissement poussé dans ses retranchements, un appauvrissement qui existe derrière bien des façades, dans des buildings, des caravanes, squats, maisons de repos, et autres lieux de vie.

Parce que la privation matérielle et immatérielle gagne, parce que l’accès aux droits de base que sont simplement manger, se loger, se mobiliser, se soigner, se cultiver ne sont plus garantis à tous, sont de moins en moins garantis à tous…

La pauvreté, l’appauvrissement ne sont pas le fruit du hasard. Le pillage des ressources matérielles, immatérielles et naturelles de tous/pour tous/par tous au profit de l’enrichissement de certains est le scandale de notre époque. Nous ne pouvons le supporter et le faire supporter par certainsLe monde des politiques et décideurs fait son métier, du mieux au plus mal, du moins mauvais au plus mauvais ! Mais il ne faut pas le laisser seul à la barre, nous devons nous en mêler.

Nous, ceux qui faisons encore partie des plus forts des plus faibles, nous nous devons de réagir, d’agir, de nous positionner, de sortir de l’atomisation, de la neutralisation, du rien n’est possible.

Le capitalisme broyeur est arrivé à faire accepter, à ce que soit intégré comme un fait inéluctable, que des humains soient réduits à une mécanique productrice uniquement, sans autre aspiration ! Cela, au profit de ceux dont « l’enrichissement assisté » constitue l’intelligence assassine ultime.

Ce baxter d’assistance qui alimente les enrichis est rempli de l’usure des femmes et des hommes appauvris !              

Ce qui pourrait tout de même peut-être devenir ennuyeux, embêtant, pour ces « enrichis assistés », c’est de devoir vivre de plus en plus exclusivement entre eux, progressivement parqués dans des réserves en or pour enrichis ! Dixit un enrichi !!!!

Dans une société organisée comme la nôtre, comme celles des pays développés en Europe, le cynisme va jusqu’au détournement de l’action sociale, socio-culturelle et culturelle en faveur de la paix sociale par l’encadrement du peuple d’en bas. Progressivement, ce vaste secteur que j’affectionne pourtant particulièrement, a été reconfiguré pour devenir un maillon de la chaîne à remplir ces « baxters » avec l’usure du peuple. De plus en plus de professionnels accompagnent, aident, soignent, animent, secouent, sanctionnent, conseillent, orientent, éjectent, mobilisent, activent la masse croissante en état de privations accrues ; certains professionnels eux-mêmes atteints par la précarisation tout en remplissant de telles fonctions.

Il n’y va pas de la responsabilité individuelle des travailleurs, mais bien d’un système mis en œuvre.

Et pourtant, ne pas se dire que rien n’est possible, ne pas se sentir muselé, décider de se donner du temps pour faire de la Politique.

Et pourtant s’en mêler, se mêler de l’organisation de la société, se mêler de la vie des autres, se mêler de sa propre vie.

J’invite les membres des associations, les travailleurs, les personnes, à rejoindre un mouvement, une structure engagée de leur choix pour y aller réfléchir, mettre des idées ensemble, poser des actes, renouer avec la notion de collectif et du bien commun, prendre la parole, inventer des solutions, expérimenter et innover.

Faire démocratie, c’est d’abord (re)politiser.

(Re)politiser : s’intéresser à la vie de la cité, avoir des opinions, sortir de l’atomisation et de la neutralisation, se mêler de la vie collective, de l’organisation collective, comprendre l’histoire sociale, se cultiver, affronter les contradictions, dégager des enjeux et les causes communes.

J’invite à sortir d’urgence d’un activisme plus réparateur qu’émancipateur, pour consacrer dans les associations un maximum de temps en équipe et avec les usagers des associations pour se (re)politiser et agir démocratie. Une action de moins, mais un temps en plus pour : lire la presse ensemble, l’analyser et la critiquer, aborder les questions politiques, réfléchir aux élections à venir, co-construire des réflexions, se forger une opinion et la défendre, pour se préparer à participer à des mouvements plus large, pour combattre la remontée de tous les autoritarismes.

 

Malgré l’usure du peuple d’en bas, l’impertinence de survie qu’il déploie doit conduire à la pertinence politique de nos actes.

Mobilisons et utilisons d’urgence nos intelligences professionnelles avec la même intensité avec laquelle les appauvris solutionnent les questions urgentes quotidiennes grâce à leur intelligence de survie.

Quand le travail des institutions et des associations encadre les appauvris à travers un hyper-contrôle sanctionnant, « l’assistance » initialement conçue comme l’apport de la solidarité collective pour les moments difficiles dans une vie, devient la « prise en charge » de quelqu’un  « supposé passif, non responsable et a priori suspect ».

Solidarisons d’urgence les intelligences !

 

 

Samedi 12 mai 2012.

Christine Mahy

Secrétaire générale du RWLP.

Dans le cadre de la 4ème réunion de dialogue avec les acteurs de terrain sur la Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté a pu s'associer à Dynamo International et au réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) pour rédiger une réaction aux questions envoyées par la commission sur les services sociaux.


Vous trouverez ici la version en anglais suivie de la version française

 

Qu'est-ce qui relie une opération « Hiver 2012 » de la RTBF, un article du soir sur les « chômeurs fraudeurs » et une interview d'Alexander De Croo à Matin Première ?

Ces trois produits médiatiques sont des balises d'une lutte d'opinion qui jalonnent le périmètre d'une réalité sociale à deux vitesses.

 

  • En bas de la société, une individualisation des épreuves pour les plus démunis qui doivent faire la preuve qu'ils sont « méritants », mais une désindividualisation de la couverture sociale, même pour ceux qui ont été « méritants », par exemple quand on est chômeur en ménage – donc fraudeurs en puissance.

  • En haut, par contre, une désindividualisation de l'action couverte par l'anonymat des « marchés », mais une protection individuelle des profits.

 

Jean Blairon examine les logiques d'actions différentielles suivies par l'Etat dans l'exercice de ses responsabilités et dénonce les redoutables dominations culturelles qui s'ensuivent.


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